Renaud Jean

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  • Votre rapport d’unité de travail est en baisse constante. La charte d’évaluation de l’entreprise le constate point par point. Vous préférez travailler seul alors que votre mission exige une interaction accrue au sein de l’équipe de gestion. Au fil des mois, nous avons noté chez vous une forte tendance à ignorer les conseils des autres. La grosse dame continue d’émettre de petits cris d’oiseau. Lors des réunions hebdomadaires, vous exprimez des idées en contradiction systématique avec l’ensemble du groupe. Vos décisions semblent affecter ceux qui vous côtoient de façon négative. Certains de vos collègues se sont plaints à la direction. Les procédures enclenchées de votre propre chef paraissent incompatibles avec les objectifs visés. À la lecture croisée d’autres rapports, votre axiome de fonctionnement actuel constitue un levier de distorsion susceptible de démobiliser d’autres ressources.

    La chargée de mission aux cheveux de poupée sort du dossier une fiche où figure un arbre peint en aplats. Elle me montre le dessin qu’elle tapote du doigt. Regardez. Les racines ci-dessous représentent votre degré d’énergie continue. Le dessin montre parfaitement qu’elles sont atrophiées. Elles ne vont pas puiser au plus profond de vous-même. Leur teinte marron pâle indique un déficit de persévérance de votre action-réseau. Vous vous épuisez vite. Le tronc paraît solide mais il manque de flexibilité. L’écorce ligneuse confirme une préférence marquée pour un travail solitaire où la routine est constante. Voici les fruits. Ils symbolisent votre contribution personnelle à la croissance de l’entreprise. Je remarque aussitôt qu’ils sont peu nombreux. Ils ont l’apparence de figues chétives alors que l’image de l’arbre s’apparente plutôt à celle d’un banal pommier. La chargée de mission continue sa démonstration en soulignant l’atrophie des feuilles, le rachitisme de la frondaison. Elle conclut en posant le carton peint devant mes yeux : votre arbre de vie manque de richesse, de générosité. Les abscisses qui soulignent le schéma montrent à l’évidence que vos curseurs sont dans le rouge.

    — Philippe Lafitte, Un monde parfait

    5 juillet 2023
  • Selon le diagnostic du médecin arrivé sur les lieux avec les premiers secours, la chute d’un corps du huitième étage est généralement fatale. La voix grave au parfum aigre insiste pour joindre la douleur de l’entreprise à celle de la famille du défunt. Tout en considérant que cet incident aura eu le mérite de nous ouvrir les yeux. De permettre de souffler un instant pour faire face aux impondérables. De prendre le temps nécessaire à la redéfinition des vecteurs de communication-ressource à l’intérieur du groupe de manière à accompagner les valeurs humaines qui doivent, au-delà d’une compétitivité accrue par le cercle vertueux de la croissance, rester celles de la solidarité au service de l’entreprise. Esprit de groupe qui contribuera, en tant que valeur d’exemple, à financer l’achat d’une couronne mortuaire sur laquelle sera agrafée, en discret hommage collégial, cette carte de condoléances que vous aurez le devoir comme nous tous je crois de parapher en hommage posthume à votre collègue de travail. Il va sans dire que la condamnation définitive des fenêtres de l’immeuble sera effectuée dans les plus brefs délais, après délibération du comité de direction bien sûr. Notre mission est délicate mais nous nous y tiendrons. Mieux : nous maintiendrons plus que jamais la cohésion au sein du groupe de travail. Sans jamais perdre de vue que notre vision est une démarche de qualité totale. Malgré les circonstances douloureuses, nous resterons fidèles aux convictions qui nous ont toujours permis d’aller de l’avant. Donnons dès aujourd’hui la priorité aux priorités de demain. Demeurons proactifs. Tout en ouvrant le débat sur les conditions de travail qui nous permettent de perpétuer contre vents et marées l’esprit d’équipe d’une entreprise qui gagne. Veuillez signer ici. Après une minute de silence j’inscris les éléments de notre contribution sur le bord de la carte. Je la remets avec précaution aux mains qui pianotent en face de nous.

    — Philippe Lafitte, Un monde parfait

    5 juillet 2023
  • Mais dès que le beau temps revenait et que les rayons du soleil, filtrant à travers les fenêtres de son sous-sol, se chargeaient de pollen, sitôt que les cendriers en fer-blanc exhalaient la puanteur de tout un hiver de nicotine et de contemplation, les failles de son univers solitaire et besogneux éclataient au grand jour, même à ses yeux. Elle avait beau affectionner ces pauvres vieux objets que d’autres avaient déjà aimés, ces documents abîmés, ces souvenirs lourds de passé, quand elle apercevait ses bras pâles, d’un gris limace, et ses doigts tachés de très vieille encre, quand les bouts de papier punaisés sur ses tableaux d’affichage se recroquevillaient et ne présentaient plus aucun intérêt, quand elle constatait que ses yeux n’arrivaient plus à s’habituer à la lumière, elle en éprouvait toujours de la honte, car l’image de la « belle vie » dont s’était autrefois imprégnée son âme était aux antipodes de tout cela, et elle en souffrait. (p. 12-13)

    *

    Où donc étais-je ? songea-t-elle. Une vie d’absence est-elle une vie ?

    Depuis quelque temps, ça n’allait pas. Ce n’était rien de précis ; il lui semblait plutôt que la vie en général s’en prenait à elle. Tout tournait à la grisaille. Au début, elle s’était complu dans l’isolement érudit de son travail, elle avait apprécié qu’il l’abrite des vulgarités du monde, mais cinq ans de ce régime l’avaient exagérément vieillie, autant que les papiers jaunis qu’elle manipulait à longueur de journée. Lorsque, très rarement, elle levait les yeux du passé pour observer le présent, celui-ci s’estompait, plus fuyant qu’un mirage. Bien qu’elle en ait discuté avec le directeur, qui avait minimisé la chose, disant que son état d’esprit était un risque du métier, elle se refusait à admettre que la seule vie qui lui ait été donnée dût être vécue de cette façon. (p. 23-24)

    — Marian Engel, Ours (trad. Marie Josée Thériault)

    4 juillet 2023
  • Un jour de mars, quelques semaines après avoir suivi dans l’hébétude le cercueil de sa mère, Philippe Bohême se promenait à Paris, le col du pardessus relevé, les mains froides au fond des poches. Le vent invisible et glacé remuait une pluie fine et violente qui venait de toutes parts, agitait les flaques boueuses, déchirait les lambeaux d’affiches le long des échafaudages et semait une sorte de détresse dans une ville inodore et lavée. Le ciel bas, gonflé de gouttes, tirait sur le fauve. Par files noires et molles, des passants quinteux et aigres faisaient des gestes inutiles aux voitures. On eût dit qu’il était dans le dessein de chacun de renoncer à la vie. Mêlé par son manque d’énergie à ce morne et amer désordre, secoué comme une branche, Bohême se réhabituait à une allure générale par petits goûts, par petites peines, et revenait à l’existence par l’hiver. Il y avait un peu de tout en lui ; le désir, le regret, les remords, l’accablement et le désespoir lui pétrissaient une âme triste qui le portait lui-même à la pitié. Ses pas ne le conduisaient nulle part, bien qu’il se fût résolu à sonner à quelques portes. Une éloquence intérieure et nébuleuse le barbouillait de chagrin. Il se disait qu’il n’était plus bon à rien et n’en finissait pas de gémir au spectacle misérable que son imagination sans contrôle déroulait dans la tragédie qu’il se jouait. « Et si je supprimais une chose énorme de ma vie ? mais laquelle ? Si j’émondais mon passé jusqu’à devenir clair et vierge. Mais par où commencer ? Ceux qui enseignent que l’on peut oublier, se laver, se nettoyer, n’ont eu que des passions heureuses. » Et il continuait à errer, en poussant son vagabondage le long des vitrines et des portes cochères où des groupes compacts se tenaient à couvert de la pluie. Il ne savait si c’était encore l’après-midi ou déjà le soir. Quelques pales lumières délayées dans le temps et les gammes des enseignes qui dégringolaient les rues en pente, emmenaient vers l’indécision le regard embarrassé. Pour la première fois de sa vie, il percevait nettement et de façon poignante l’hostilité d’une ville. Les formes, les éclairages, les monuments, les places, les salles de spectacle, le commerce, la circulation, tout ce qui fait enfin le tumulte et la solidité d’une cité le repoussait et le renvoyait.

    — André Beucler, le Mauvais Sort

    30 juin 2023
  • Quand Monsieur Ladmiral se plaignait de vieillir c’était en regardant l’interlocuteur bien en face, et sur un ton provocant, qui semblait appeler la contradiction. Ceux qui le connaissaient mal s’y trompaient et répondaient poliment, comme on fait toujours, que Monsieur Ladmiral se faisait des idées, qu’il était encore gaillard et qu’il enterrerait tout le monde. Alors Monsieur Ladmiral se fâchait et citait ses preuves : il ne pouvait plus travailler à la lampe, il se relevait la nuit jusqu’à des quatre fois, il avait les reins brisés quand il avait scié du bois et puis enfin, personne ne pouvait rien répondre à cela, il avait plus de soixante-dix ans. Ce dernier argument était destiné à clouer le bec aux plus optimistes et le leur clouait d’autant mieux que Monsieur Ladmiral, non seulement avait plus de soixante-dix ans, mais en avait bel et bien soixante-seize. Mieux valait donc ne pas chercher à le contredire quand il se plaignait de vieillir. Et puis, pourquoi lui refuser ses derniers plaisirs ? Ça l’ennuyait de vieillir, mais ça le consolait un peu de se plaindre. En effet, Monsieur Ladmiral vieillissait beaucoup, et de plus en plus vite. La vieillesse, c’est une pente très douce mais, même au bout d’une pente très douce, les cailloux finissent par aller terriblement vite.

    Il fallait, naturellement, se garder d’abonder avec trop de chaleur dans le sens de Monsieur Ladmiral. Il réservait à soi seul le droit de dire qu’il vieillissait et, en réalité, faisait de grands efforts, mais vains, pour tenter de cacher cette vérité pénible, pénible surtout pour lui, et que, du reste, il ne cachait guère qu’à lui-même. Et encore, au prix de quels mensonges ! Quand il avait quitté Paris, dix ans plus tôt, pour venir habiter à Saint-Ange-des-Bois, Monsieur Ladmiral avait fait savoir, pour vanter la maison qu’il achetait, qu’elle était à huit minutes de la gare. C’était presque vrai à cette époque. Par la suite, et à mesure que Monsieur Ladmiral vieillissait, la maison avait été à dix minutes, puis à un bon quart d’heure de la gare. Monsieur Ladmiral n’avait constaté ce phénomène que très lentement, n’avait jamais su l’expliquer et, pour mieux dire, ne l’avait jamais admis. Il était entendu qu’il habitait toujours à huit minutes de la gare, ce qui n’était pas fait pour simplifier la vie ; il fallait jouer avec les pendules, faire de faux calculs, prétendre que l’horloge de la gare avançait, ou que l’heure du train avait été changée sournoisement ; Monsieur Ladmiral, dans le temps où il allait encore à Paris, avait même manqué des trains, héroïquement, pour qu’il ne fût pas dit qu’il habitait à plus de huit minutes de la gare.

    — Pierre Bost, Monsieur Ladmiral va bientôt mourir

    18 juin 2023
  • George Saunders: On the Tricks of the Writing Process

    18 juin 2023
  • Il est un conte qui touche de très près au vif de l’existence : celui de ce moine qui traverse une forêt, entend un oiseau chanter, l’écoute un bref instant et se trouve à son retour étranger à la porte de son couvent, car il a été en fait absent cinquante années et, parmi tous ses camarades qui ont survécu, un seul le reconnaît. Cet oiseau ne chante pas seulement dans les forêts, même s’il en est peut-être natif. Il chante dans les endroits les plus misérables. L’avare l’entend, et sourit, et les jours pour lui ne sont plus que des instants. […] Toute vie qui n’est pas purement mécanique est tissée de deux fils : la recherche de cet oiseau, et son écoute. Et c’est simplement cela qui rend la vie si difficile à évaluer, et les délices de chacun d’entre nous si incommunicables. La simple connaissance de ce fait, un seul souvenir de ces instants où l’oiseau chanta pour nous, suffisent à nous remplir d’étonnement quand nous tournons les pages d’un écrivain « réaliste ». Là, c’est certain, nous trouvons une image de la vie – mais pour autant qu’elle est faite de boue et de craintes mesquines, dont le souvenir nous fait honte, et que nous aimerions mieux oublier : de la note de ce rossignol effaceur de temps, nous ne saurons rien.

    Le cas de ces romanciers est pour le moins curieux. Ils ont été enfants, jeunes gens ; ils ont langui sous la fenêtre de la bien-aimée, qui à ce moment-là écrivait probablement à quelqu’un d’autre ; ils se sont assis devant une page blanche, et se sont sentis pleins d’une poésie contenue, dont pas un vers ne consentait à sortir ; ils se sont promenés dans les bois, ils ont marché dans des grandes villes, sous d’innombrables lampadaires ; ils ont pris la mer, ils ont haï, ils ont eu peur, ils ont rêvé de poignarder un homme et l’ont peut-être fait ; le goût sauvage de la vie a excité leur palais. Ou, si vous leur déniez tout cela, au moins ont-ils pleinement goûté un plaisir – leurs livres sont là pour le prouver –, celui d’une composition littéraire réussie. Et pourtant ils remplissent le globe de volumes dont l’habileté, certes, fait mon admiration, mais dont la fausseté flagrante sur tout ce qui pour moi est l’existence me fait trembler de colère. Si je n’avais pas d’autres perspectives que de continuer à tourner en rond parmi ces petites affaires ennuyeuses et mesquines, d’être mû par les piètres espoirs et les craintes dont ils entourent et animent leurs héros, j’affirme que je mourrais sur l’heure. Mais jamais un moment, pour moi, n’a passé de manière aussi ennuyeuse et si je devais perdre mon temps à attendre dans une gare de chemin de fer je pourrais égrener quelques souvenirs à côté desquels la totalité d’un de ces romans paraîtrait bon pour le rebut.

    — Robert Louis Stevenson, « Les porteurs de lanternes », Essais sur l’art de la fiction (trad. France-Marie Watkins et Michel Le Bris)

    18 juin 2023
  • Un revenu « éminemment respectable », c’est la somme qu’un homme dépense. Un revenu fastueux, ou la vraie opulence, c’est plus qu’un homme dépense. Augmentez le revenu, ou diminuez les dépenses, mon cher monsieur, aussi étonnant que cela puisse paraître, donne le même résultat. Mais je vous entends déjà me rappeler, en pinçant les lèvres, les privations et les duretés de l’existence. Hélas ! monsieur, il y a des privations des deux côtés. Le banquier doit passer toute la journée assis dans sa banque – n’est-ce pas là une privation ? Et ne pouvez-vous concevoir que le peintre de paysage, que j’estime être le plus pauvre et le plus perdu parmi ses contemporains, ne préfère pas les privations qu’implique sa profession – ne pas porter de gants, boire de la bière, vivre de côtes de porc ou même uniquement de pommes de terre et, enfin, ne pas être « l’un des nôtres » – qu’il ne préfère pas, volontiers et sincèrement, ses privations à celles du banquier ? Pour ma part, je le puis fort bien. Oui, monsieur, je le répète, je peux le concevoir. Croyez-moi, il y a bien des rivières en Bohême ! Mais il n’est rien de plus difficile à graver dans leur esprit que ceci : l’argent, quand ils en ont, n’est pour la plupart d’entre eux qu’un chèque pour s’acheter du plaisir. Mais que se passe-t-il quand un homme trouve son plaisir dans la pratique d’un art ? Peut-être pourrait-il gagner plus de chèques en en pratiquant un autre ; mais la quantité de plaisir n’en resterait pas moins la même. En somme, il en obtient une partie directement : contrairement à l’employé de banque, les quinze jours de vacances où il peut faire ce qui lui plaît durent toute l’année !

    — Robert Louis Stevenson, « Le choix d’une profession », Essais sur l’art de la fiction (trad. France-Marie Watkins et Michel Le Bris)

    18 juin 2023
  • Quel spectre monstrueux est donc cet homme, cette maladie de la poussière agglutinée, qui soulève un pied après l’autre ou gît, abruti de sommeil ; qui tue ; qui se nourrit ; qui grandit et engendre des copies en réduction de lui-même ; couvert de cheveux tel de l’herbe, avec dans sa figure des yeux qui bougent, et brillent, de quoi faire hurler les enfants – et pourtant, regardé de plus près, connu tel que ses semblables peuvent le connaître, comme ses attributs demeurent étonnants ! Pauvre diable, sur terre pour si peu de temps, jeté parmi tant de malheurs, plein de désirs immenses et contradictoires, assailli sauvagement de toutes parts, sauvagement rabaissé, irrémédiablement condamné à faire sa proie de la vie du prochain, qui pourrait lui reprocher de n’avoir fait qu’un avec sa destinée, d’être resté un être tout simplement barbare ? Et au lieu de cela, nous le contemplons, et nous le découvrons rempli de vertus imparfaites : infiniment puéril, admirable de vaillance, souvent, et souvent d’une bonté touchante, assis dans sa vie brève, pour débattre et du bien et du mal et des attributs de la divinité, se battant pour un œuf, mourant pour une idée, choisissant ses amis et son conjoint avec une cordiale affection, mettant ses petits au monde dans la douleur, et les élevant avec une patiente sollicitude. Et puis, au cœur de ce mystère une pensée bizarre qui touche à la démence : la pensée du devoir, l’idée d’une chose qu’il doit à lui-même, à son voisin, à son Dieu ; un idéal de décence, auquel il s’élèverait, si c’était possible ; une limite à la honte au-dessous de laquelle, si c’était possible, il ne s’abaisserait pas. Le dessein de la plupart des hommes est d’abord un dessein de conformité.

    — Robert Louis Stevenson, « Pulvis et umbra », Essais sur l’art de la fiction (trad. France-Marie Watkins et Michel Le Bris)

    18 juin 2023
  • À dire vrai, les sujets [de conversation] sont rares – et dans la mesure où ils sont abordables, plus de la moitié d’entre eux peuvent se réduire à trois : que je suis « moi », que tu es « toi » et qu’il y a d’autres personnes dont il est vaguement entendu qu’elles ne sont pas les mêmes que nous.

    — Robert Louis Stevenson, « Causerie et causeurs », Essais sur l’art de la fiction (trad. France-Marie Watkins et Michel Le Bris)

    15 juin 2023
  • On tend à qualifier de vieux les personnes ayant soixante ans et plus, dans les statistiques par exemple. Toutefois, la valeur sémantique de l’adjectif vieux peut être différente selon les contextes. Ainsi, on distingue généralement les jeunes vieux, âgés de 60 à 75 ans, voire 79, et les grands vieillards (aussi appelés vieux-vieux, personnes du quatrième âge et, plus rarement, vieux aînés), qui sont plus âgés.

    — Grand Dictionnaire terminologique

    10 juin 2023
  • Ils ont assuré avoir exhorté Clare Nowland à laisser tomber ce couteau à viande dentelé avant que celle-ci ne se dirige « à un rythme lent » dans leur direction en s’appuyant sur son déambulateur. À ce moment, l’agent incriminé a fait usage de son pistolet électrique contre elle.

    — Radio-Canada

    26 mai 2023
  • 18 mai 2023
  • Teo pose une main sur le ventre de Saara. L’enfant donne un nouveau coup.

    Il aspire peut-être déjà à la liberté, il imagine la trouver hors de l’utérus, pense Teo. Peut-être veut-il déjà se défaire des chaînes qui le lient à sa mère. Qui voudrait révéler à l’enfant que la liberté n’existe pas ? Plus nous glissons près d’elle, plus nos mains cherchent frénétiquement à attraper les chaînes passant à notre portée. Nous courons après un feu follet, chacun poussé par sa propre obsession. La longueur de nos chaînes montre les frontières de notre liberté, il n’y a qu’en nous contentant de notre sort que nous pouvons vivre sans nous en soucier. Nos désirs sont les plus durs jougs. Une fois ceux-ci étouffés, plus besoin de se débattre.

    — Aki Ollikainen, la Faim blanche (trad. Claire Saint-Germain)

    18 mai 2023
  • I notice that Doug has an incredible natural enthusiasm for anything we happen to get right. Even a single good line is worthy of praise. When he comes across a beautiful story in a magazine, he shares it with us. If someone else experiences a success, he celebrates it. He can find, in even the most dismal student story, something to praise. Often, hearing him talk about a story you didn’t like, you start to like it too—you see, as he is seeing, the seed of something good within it. He accepts you and your work just as he finds it, and is willing to work with you wherever you are. This has the effect of emboldening you, and making you more courageous in your work, and less defeatist about it.

    *

    Toby is a generous reader and a Zen-like teacher. The virtues I feel being modeled—in his in-class comments and demeanor, in his notes, and during our after-workshop meetings—are subtle and profound. A story’s positive virtues are not different from the positive virtues of its writer. A story should be honest, direct, loving, restrained. It can, by being worked and reworked, come to have more power than its length should allow. A story can be a compressed bundle of energy, and, in fact, the more it is thoughtfully compressed, the more power it will have.

    — Georges Saunders

    25 avril 2023
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